Lettre de Mme Catherine Tasca à M. Claude Évin - 3 novembre

Publié le par coeur.hopital.mantes

Question orale au Sénat et réponse de Mme Yade    

 

                                                Paris, le 3 novembre 2010

 


            Monsieur le Directeur général,

            Je tiens à attirer votre attention sur l’incompréhension que continue de susciter la décision de l’Agence régionale de la Santé d’Ile-de-France de fermeture de l’unité de cardiologie interventionnelle de l’hôpital public François Quesnay de Mantes-la-Jolie après seulement six mois d’activité. 

            Cette incompréhension est partagée par les élus locaux et les professionnels de santé qui ont rapidement constitué un comité « Cœur.Hopital.Mantes », lequel a formulé une demande de prorogation du service de cardiologie interventionnelle pour une période de 18 mois, afin de permettre une évaluation objective de la pertinence de cette offre de soins. 

            Si j’ai bien pris connaissance de la confirmation de votre décision de fermeture et de celle du gouvernement de ne pas revenir dessus, je constate qu’il n’a pas été répondu aux observations soulevées par les élus du bassin de Mantes, les professionnels de santé de l’Hôpital public François Quesnay et une partie de la population, au premier rang desquelles le délai manifestement insuffisant d’ouverture de l’unité pour mesurer son potentiel réel et porter sur ce service une appréciation objective s’agissant de la sécurité des patients. L’augmentation ininterrompue du nombre d’actes réalisés, reconnue par tous, demande à l’évidence une analyse plus poussée sur les perspectives de développement à court et moyen terme de cette unité. 

            Vous n’êtes pas sans savoir, Monsieur le Directeur, que la direction de l’Hôpital, en contradiction avec les engagements que vous aviez pris au nom de l’ARS, a annoncé mercredi dernier la fermeture de l’unité de soins intensifs cardiologiques. Si cette fermeture est annoncée comme temporaire, il apparait assez nettement qu’elle est une conséquence directe de la fermeture de l’unité de cardiologie interventionnelle, et que c’est aujourd’hui l’ensemble du service de  cardiologie de l’hôpital public de Mantes-la-Jolie qui se trouve menacé. 

            Les élus locaux et les professionnels de santé du centre hospitalier François Quesnay constatent à regret que les engagements pris n’ont pas été tenus et que c’est l’hôpital public qui est aujourd’hui affaibli par ces décisions. Les perspectives de redéploiement de l’activité sur Evecquemont, territoire mal desservi, et sa clinique privée, ne font que conforter ce fort sentiment de mise à mal du service public de la santé.           

            Le Mantois, pauvre en structures de santé publique, est un bassin de vie qui regroupe des populations souvent défavorisées, mais qui connait une réelle expansion démographique et pour lequel les élus travaillent à dessiner de nouvelles perspectives de développement. La fermeture de l’unité de cardiologie interventionnelle équivaudrait, pour le département des Yvelines à creuser un peu plus les inégalités d’accès aux soins et la fracture territoriale. 

            Je vous demande en conséquence de bien vouloir suspendre pour une durée probatoire pertinente la fermeture du centre de cardiologie interventionnelle de Mantes. 

            Je souhaiterais également pouvoir m’en entretenir directement avec vous, accompagnée d’un ou deux représentants des personnels de l’hôpital, lors d’un prochain rendez-vous que je sollicite par la présente.

            Vous remerciant par avance de l’attention personnelle que vous porterez à cette demande, je vous prie d’agréer, Monsieur le directeur général, l’expression de ma parfaite considération.

Catherine Tasca


 

 

 

M. Claude EVI

 

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